Spiritualité et émotions

Les émotions ont toute leur place dans notre vie spirituelle. Elles définissent ce que nous ressentons face aux situations que nous vivons. Elles participent à définir notre être et notre personnalité. Le champ affectif de l’être humain interagit constamment avec son environnement. Si nos émotions ne sont pas dans leur équilibre, notre quête spirituelle ne peut être épanouie.

La lucidité émotionnelle c’est d’être attentif à ce qui se passe en nous, c’est d’apprendre à reconnaître nos émotions. Il s’agit ultimement de choisir la vie. C’est une prise de conscience profonde. La vie nous donne la possibilité de faire ce choix.

Le cœur spirituel face à cet état de fait décide de se maintenir sur la même orientation ou bien de changer, ce qui correspond à réduire notre ego ou bien à l’alimenter.

Le refoulement de nos émotions, les perturbations mentales ou les désirs qu’elles provoquent, mènent à des perturbations pathologiques. Le déséquilibre émotionnel s’oppose à la disponibilité intérieure.

Dans un contexte de travail à faire dans notre sphère émotionnelle, la méditation peut être une manière de fuir. Apaiser notre mental après une journée de travail est une chose, faire des méditations pour fuir sa réalité est autre chose. Le plus important pour avancer sur le chemin spirituel est de pouvoir se faire face : faire face à sa réalité, à ses émotions, à qui nous sommes.
Seule cette acceptation nous permet d’évoluer vers une liberté d’être dans la joie et la sérénité.

Nos émotions sont notre faculté naturelle de sensibilité et notre porte d’accès au présent. Une descente dans l’intériorité de notre être et une conscience des mémoires résiduelles des champs collectifs sont essentielles pour une exploration de notre réalité.

Nous devons être dans une vigilance constante afin de donner à notre sensibilité émotionnelle son plein épanouissement et éviter d’être pris dans les pièges qu’elle nous tend.
Dans ce contexte, la méditation peut être une manière de fuir les difficultés, d’aller vers d’autres dimensions plutôt que de faire face à notre réalité. Il est préférable de garder la conscience de ce que nous avons à régler dans notre présent.

Oui à l’apaisement mais non à la fuite qui ne règle rien.
Ainsi, de notre expérience, la méditation se trouve souvent limitée au niveau restreint de la conservation de l’ego. Elle se ferme à toute possibilité de révélation spirituelle authentique.

Elle alimente l’instinct de conservation de l’ego. Apaiser le mental n’est pas une écoute profonde de soi. Vider le mental est une démarche qui se produit plus en apparence qu’en profondeur.
Souvent, elle génère un état de tension intérieure qui solidifie le psychisme. Elle s’oppose ainsi à la sérénité intérieure et au lâcher-prise.
L’ancrage dans notre réalité et dans le travail à faire sur nous-mêmes est fondamental. La quête spirituelle passe par la vie de tous les jours.
En effet, la spiritualité est en toutes choses : la contemplation, le regard posé sur la nature, dans les gestes les plus simples de la vie. Elle est dans l’appréciation sereine, la satisfaction et la conciliation avec soi et tout ce que l’on fait.
Être en paix.
La vie devient précieuse, dans tous les actes, dans tous les détails.
C’est une sensation de bien-être.
Tout prend une signification plus profonde, sereine, paisible.
Chaque détail est une chance.
Nous voyons le miracle de la création en tout et c’est ça le but.
C’est une deuxième vie, le cœur ouvert.
Rien n’est acquis, tout est précieux, chaque seconde devient appréciable.